En février 2025, une expérimentation venait d’être lancée en Haute-Garonne et dans le Rhône pour libérer des places dans les centres d’hébergement d’urgence saturés. L’intervention de deux députés a réussi à la stopper.
Une expérimentation visant à « fluidifier » l’accès aux centres d’hébergement d’urgence était en train d’être lancée en février 2025, en catimini, dans les départements de la Haute-Garonne et du Rhône . Elle s’inscrivait dans le cadre d’une réévaluation des critères de vulnérabilité permettant aux familles d’être prioritaires pour l’accès à un hébergement d’urgence, faute de places. La décision venait de directives de la DIHAL (Délégation interministérielle à l’Hébergement et à l’Accès au Logement) et de la DDETS (Direction Départementale de l’Emploi, du Travail et des Solidarités) et annonçait que cette expérimentation serait menée sur quelques sites, dans les deux préfectures retenues par la DIHAL : celle du Rhône et celle de Haute-Garonne. Des députés de ces départements, dont Arnaud Simion, ont interpellé le gouvernement, fustigeant une volonté de « hiérarchiser la misère » et demandant l’arrêt de ce tri social qui remettrait à la rue des ménages, souvent des femmes seules et des enfants.
Des familles ont en effet été prévenues qu’elles allaient être expulsées prochainement de leur centre d’hébergement d’urgence (ou foyer), au prétexte qu’elles n’étaient plus prioritaires ou qu’elles l’étaient moins que d’autres. C’est-à-dire, si elles n’avaient pas (ou plus) d’enfant de moins de 3 ans, et n’avaient pas de problèmes de santé importants. Pour le député socialiste de la 6ᵉ circonscription de la Haute-Garonne, Arnaud Simion, cela revenait à instituer « une mise en concurrence des vulnérabilités, avec les critères du pire. »
Il a interpellé le gouvernement le 11 mars 2025 en soulignant que cette mesure était contraire à la loi et au Code de l’action sociale et des familles. En effet, ces centres ont été définis par deux principes : le principe d’accueil inconditionnel, et le principe de continuité (prise en charge indéterminée). Par ailleurs, cette mesure serait dangereuse pour les familles sur le plan physique et santé qui n’auraient plus où aller, la rue ou d’hôtels en hôtels au gré des places libres, et alors que beaucoup des enfants de plus de trois ans étaient scolarisés.
Le député Arnaud Simion a posé également la question des crédits alloués à l’hébergement d’urgence en soulignant que dans la version finale du PLF, les 250 millions supplémentaires qui avaient été prévus dans le PLF initial, n’étaient pas inscrits. »
Il s’est par ailleurs appuyé sur un rapport de la Cour des Comptes pour réclamer une vision pluriannuelle sur ces questions d’hébergement d’urgence, ce qui faciliterait également le travail des acteurs de terrain.
Après son intervention à l’Assemblée nationale, le député socialiste de la Haute-Garonne a obtenu des garanties du cabinet du ministre en charge du logement. Les budgets devraient être dégagés dans le courant de l’année. Et le ministre de l’Aménagement du territoire a répondu favorablement à la demande des députés de la Haute-Garonne et du Rhône en annonçant mettre fin à ces deux expérimentations.